Sans Indiscretion

Le presse-papier de ma vie

Les Aérostats, Amélie Nothomb (2020)


Faisant confiance aux quelques échos dans la presse que j’ai pu glaner, me voilà lancée dans ce court roman qui se lit très vite et facilement. J’en avais besoin dans mon quotidien littéraire qui manque parfois de légèreté - puisqu’il est question d’analyser, questionner, décortiquer les oeuvres, plus que de se laisser simplement porter.

Voilà pour la contextualisation de cette lecture. Ce qui était moins prévu, c’était que le fond soit aussi à propos. Sur la trame sans grand intérêt d’une étudiante donnant des cours de soutien en français à un lycéen, Amelie Nothomb nous partage surtout son amour inconditionnel de la littérature. Les grands livres sont tous ses préférés, et les entretiens (bien peu vraisemblables) que la jeune prof partage avec son élève ne sont que le moyen de faire parler l’auteur d’œuvres qui l’ont marquée. La littérature est le carburant nécessaire à toute vie digne d’intérêt et d’être vécue. Loin de s’égarer dans la fiction et d’oublier de vivre, la lecture permet de mieux appréhender le réel, les autres, le monde, dans toute sa complexité, et donc de vivre plus intensément et mieux. Belle leçon.

Quelques réflexions personnelles jalonnent le récit. Les opinions sur la jeunesse m’ont semblé malheureusement des lieux communs : les jeunes ne lisent plus assez, le milieu scolaire est une jungle, l’adolescence une torture.

Un passage m’a touchée : la narratrice demande au jeune garçon de lui faire écouter ses musiques préférées, puis au vieux professeur d’université la même chose. Dans un cas, du Skrillex et du Infected Mushroom, dans l’autre les Héroïques de Chopin. Je connais et j’écoute moi-même ces artistes, des musiques qui me font vibrer chacune à leur manière. Cet éclectisme de références (et son bon goût, forcément !) m’ont rendue Mme Nothomb particulièrement sympathique.