La procrastination : L'art de reporter au lendemain, John Perry


Couverture

"Procrastiner, c'est remettre au lendemain ce que l'on devrait faire le jour même. La procrastination structurée est l'art de mettre à profit cette faiblesse de caractère."

Voilà le programme que nous propose un professeur de philosophie de la grande université californienne de Standford. Grand procrastinateur lui-même, il nous propose de réfléchir de façon sympathique et légère sur ce problème dans ce court essai. Il n'est pas vraiment question de trouver des solutions pour combattre cette (jugée) fâcheuse manie, mais plutôt d'en comprendre les causes et d'en cerner certains mécanismes pour mieux les contourner.

Parlons des causes. Pour Perry, la procrastination est le fruit d'un perfectionnisme fantasmé. Les procratinateurs sont aussi loin d'êtres des personnages paresseux, puisqu'ils accomplissent une foultitude de choses et sont d'ailleurs souvent qualifiés de besogneurs. Le vrai problème vient du fait de repousser inlassablement les tâches les plus importantes.

Sa thèse, c'est celle-ci : puisque le procrastinateur a tendance à ne jamais réaliser ce qui est prioritaire, préfèrant réaliser des tâches subalternes, il suffit de reprioriser les tâches de façon à rendre le prioritaire moins impressionnant. C'est en cela que l'on "structure" sa tendance à procrastiner.

L'auteur nous propose aussi, avec humour et illustrés de quelques anecdotes, plusieurs outils simples pour contrer ce penchant à remettre à plus tard :

  • qualifier les tâches selon leur réel taux de priorisation (et non celui que l'interlocuteur lui donne ...)
  • utiliser les to-do list pour fractionner les tâches et y noter même les les plus anodines de la journées pour avoir la satisfaction de les biffer et le sentiment d'accomplissement qui va avec
  • se méfier comme du loup blanc des outils de distraction que sont le téléphone et internet
  • se constituer des environnements de travail propices
  • compter sur l'émulation du travil d'équipe

Toutefois, Perry nous rappelle aussi qu'il peut y avoir du bon à procrastiner. En effet, prendre le temps avant de se mettre à la tâche permet de la laisser décanter, de la voir être réalise par autrui(!), et même de se rendre parfois compte de son inutilité !

En résumé, un essai vraiment drôle, déculpabilisant et surtout pas moralisateur, c'est un bon moment de lecture pour les personnes concernées par ce sujet (certainement moins pour les autres). Cependant, on effleure seulemet la surface du phénomène. Pour réellement comprendre ou combattre la procrastination, il faudra encore chercher, et il y a du travail.


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