Candidature à l’université


Cela fait quasiment 2 ans que j’envisage de me lancer dans le parcours de promotion interne de mon entreprise, pour briguer un poste de manager d’équipe. En effet, je m’ennuie intellectuellement dans mon travail, j’ai besoin d’avoir des nouveaux projets qui me motivent. La solution naturelle est de poursuivre mon ascension dans ma boîte.

Je me suis renseignée sur le poste, j’ai discuté avec des cadres de leurs missions, j’ai pris connaissance et même commencé à préparer les différentes étapes de sélection. Et puis, il y a eu le Covid-19. Ça va faire très cliché, mais tout a été chamboulé dans ma tête. Mon entreprise m’a énormément déçue dans sa politique de gestion de cette crise, et je me suis rendue compte de la réalité du boulot de chef d’équipe dans ce moment critique : parfaitement inintéressant à mes yeux. Je ne me vois pas tenir ce poste. Grosse claque ! D’un autre coté, cette période de confinement a été propice (pour plein de gens) à la remise en question de nos modes de vies. La qualité de vie que je connais m’a sauté aux yeux, mon cadre de vie, mon confort et mon bien-être actuels ne méritent absolument pas que je les sacrifie (en terme de temps, stress, énergie, déplacement géographique et perte de salaire) pour une hypothétique carrière managériale.

Alors, que faire ? D’abord, j’ai cerné mes véritables motivations et envies, j’ai fais des listes.

Ce que je cherche :

  • une émulation intellectuelle - il faut que mon cerveau travaille, c’est vital pour moi
  • travailler pour une meilleure reconnaissance sociale - un vrai diplôme diplôme reconnu c’est mieux qu’un obscur grade dans une entreprise.
  • faire des choses qui me passionnent
  • apprendre, étudier, me cultiver

Ce que je ne veux pas :

  • perdre ma qualité de vie - chéri, maison, animaux, temps libre, salaire
  • me forcer à faire des choses dont je n’ai pas envie
  • complètement chambouler mes habitudes et mon planning

Ce qui me passionne :

  • les animaux (ça, j’ai déjà donné)
  • l’informatique
  • les livres

Après quelques semaines de réflexion intense, je prends un nouveau tournant. L'université revêt une aura magique pour moi, j’ai toujours rêvé d’y aller. Il se trouve qu’il existe de plus en plus de cursus à distance attrayants.

Résultat : je candidate pour une licence en informatique à distance, proposée par l'université Paris 8 et deux licences de lettres modernes, l’une proposée par l’université Toulouse 2 et l’autre par l’université de Rouen. J'ai visionné plusieurs témoignages sur Youtube, lu attentivement les programmes, trouvé même quelques cours que les profs laissent à disposition sur leurs sites personnels pour jauger des niveaux demandés. Je me suis renseignée sur le statut que je souhaitais adopter (formation initiale, je ne préfère pas associer mon entreprise à mon projet pour l’instant), j'ai rédigé un CV et des lettres de motivation pour chaque cursus.

J’ai reçu un avis favorable d’admission pour les trois formations. Après avoir bien pesé les pour et contre, je renonce (non sans un pincement au coeur) à entamer un cursus en informatique, qui m’aurait passionné et qui offre des débouchés professionnels. Ce n’est pas que je n’ai pas le niveau requis, je pense avoir largement les bases nécessaires pour suivre et comprendre, mais par manque de temps. En effet, il est absolument nécessaire de pouvoir passer une quinzaine d’heures par semaine devant un ordi pour coder, à chaque fois sur des plages de temps de plusieurs heures pour pouvoir avancer correctement dans les projets. Or, pour avoir essayé par curiosité de suivre un MOOC (de programmation, peu importe le sujet), je suis incapable de trouver assez de temps de qualité dans mes coupures, mes découchés ou chez moi pour boucler une dizaine d’heures de code de qualité hebdomadaires. Ce n’est pas la peine de s’engager sur un cursus que je n’arriverai pas à suivre, c’est de l’argent perdu et beaucoup de déception pour rien.

J’ai finalement accepté la proposition de Rouen, une licence en lettres modernes entièrement à distance, très axée sur la littérature et son histoire. Le programme m’enthousiasme complètement ! Il propose aussi une UE d’Anglais durant toute la licence et une coloration cultures antiques / langue française. J’ai préféré ce parcours plutôt que celui de Toulouse, qui découpait le programme en trois matières à importances égales : littérature, linguistique et latin. Pas de langue vivante, et des matières un peu trop scolaires à mon goût, après réflexion. De plus, j’ai été rassurée par l’organisation claire des plaquettes de présentation et par le fait qu’une unique session de 10 jours de partiels était spécialement aménagée en Mai pour les étudiants à distance de Rouen (c’est beaucoup plus pratique pour poser mes congés). Je suis convaincue que des études littéraires, nécessitant réflexion et lecture, s’accorderont et se couleront facilement dans mon emploi du temps actuel et occuperont intelligemment mes nombreux temps de coupure, de trajet, de découchés au boulot.

Et voilà comment je me retrouve embarquée dans ce tout nouveau projet ! Je reprends des études universitaires, en littérature, à distance. Je n’ai aucun projet professionnel derrière et je me rends compte que ce n’est absolument pas un problème. Plutôt que de chercher à me conformer à un déroulement de carrière, à faire des plans sur la comète et me mettre la pression pour atteindre des objectifs que je n’ai pas toujours choisis, je vais faire ce que j’aime sans autre but que de me faire plaisir, je vais investir sur moi-même, ma culture, mes compétences plutôt que de m’investir dans une entreprise ou un plan de carrière. Cette démarche me paraît en fait tellement plus saine et motivante !


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