Journal de Ring #3


J’arrive à me rendre au club deux fois par semaines, c’est bien. Je préférerais trois fois mais le boulot m’en empêche. Et puis peut-être que ce serait un peu trop pour Oakley dans un premier temps. Aujourd’hui, petit point sur le programme de plat.

Je bosse le plat au club mais aussi en balade. Aucune difficulté pour mon gros, il y a plein de choses qu’il connaît depuis chiot. Je me suis imprimé le règlement de Ring et j’affine mes exercices pour coller parfaitement aux prescriptions.

J’ai resserré ma marche au pied en laisse et en libre, pour éviter les dépassements et les écartements. C’est assez précis, il faut que l’encolure du chien soit au niveau de la jambe du conducteur. Si le coude du chien se trouve en avant du devant de ma jambe, il dépasse. Si sa tête se retrouve derrière ma jambe, il traîne. À chaque faute, ça coûte des points. Si le chien s’écarte de plus de 20cm de ma cuisse, en particulier lors des angles à droite, c’est aussi une faute. Oakley a bien compris, il faut maintenant généraliser sous haute distraction pour ancrer le truc et que le comportement devienne bien fiable. Le programme : en ville, en présence d’autres chiens, en présence de chevreuils. Après ça, on devrait être bons !

J’ai introduit la muselière : il n’aime pas trop ! J’ai choisi un modèle en cuir. Je ne sais pas si je vais le conserver, j’aimerais trouver un modèle panier plastique tout fin et léger. Moins contraignant pour le chien, et ça passe niveau réglementaire du moment que le fond est fermé. Je me suis tâtée quant à la marche à suivre pour introduire ça : faire tout un travail de renforcement positif et d’habituation en balade, ou bien seulement bosser juste l’exercice sous discipline. J’ai préféré opter pour la seconde option pour plusieurs raisons : un travail d’habituation, c’est très long (je préfère passer du temps avec faire d’autres trucs plus plaisants avec mon chien), il y a le risque qu’il prenne l’habitude d’essayer de l’enlever tout seul (fortement pénalisé en concours), mon chien n’aura besoin dans sa vie de cette muselière que quelques minutes en concours et c’est tout. Donc, en laisse courte, je lui ai mis sur le museau, interdit d’essayer de l’enlever par deux coups de sonnette, quelques mètres de marche bien collé contre ma jambe, assis, j’ai enlevé et récompensé. Je répète l’exercice régulièrement, sur des marches au pied de plus en plus longues, et en libre. Il a compris : c’est pas hyper drôle (mais pas une torture non plus), ça dure que deux minutes et je suis très fière de lui. Le deal est bon.

Je retravaille les positions juste devant lui, car à distance j’ai trop de déplacement. Je bosse en particulier la transition debout-assis, sur laquelle il a tendance à avancer plutôt que reculer pour se poser sur son cul. Car j’ai fait le choix depuis qu’il est bébé de bloquer l’arrière-main lors des transitions. En ring, il est plus simple de leur apprendre à bloquer l’avant-main pour ne pas dépasser la ligne banche devant les pattes avant. Mais il est bien trop tard à mon sens pour tout réapprendre au chien, et le résultat risque d’être une transition fausse sur deux ... Il n’y a pas de secret pour bosser ça : répéter répéter répéter au leurre les bonnes transitions, que la mémoire musculaire se mette en place. Ça va venir. C’est un exercices très frustrant pour moi dans lequel j’ai tendance à monter en pression quand le chien faute. Je dois absolument me maîtriser et rester très sereine.

De temps en temps, je bosse le rapport d’objet sur des trucs divers et variés (Balle, tournevis, bouteille plastique, branche d’arbre, t-shirt ...). En ring il n’y a qu’un seul objet réglementaire à rapporter (au choix du conducteur). Je préfère élargir et que mon chien sache rapporter correctement à peu près n’importe quoi. La paire de chaussettes en boule en compétition ne sera qu’un objet parmi les autres, et je facilite la vie au chien si un jour on tente un concours en mondioring, où l’objet à rapporter en toujours insolite. Je luis fait aussi rapporter des objets que je lance à l’eau. Il aime bien et c’est ce que l’on demande en Campagne (la discipline mordante reine selon moi !). Là, la difficulté est que le chien ne lâche pas l’objet pour s’ébrouer en sortant de l’eau et vienne plutôt tout dégoulinant le remettre sagement à son maître, pour s’ébrouer seulement après.

L’absence couché est facile pour Oakley : il sait rester couché sans bouger au restaurant pendant que je vais aux toilettes, ou sur un trottoir pendant que je vais acheter des timbres au tabac-presse (ce jour-là, il gênait un peu les piétons et un monsieur l’a carrément enjambé, le chien n’a pas bougé , entraînement distraction ++ non prévu !). Donc sur un terrain d’herbe sans plus de distraction, c’est pas hyper difficile.

Il sait sauter différents trucs : des haies, des bancs publics, des grillages etc ... donc la haie de concours ne va pas poser problème. Il doit juste apprendre qu’il ne faut pas toucher les barres. Je vais aussi mettre en place un nouveau code avec une cible à terre (« ta place ») pour lui apprendre à se placer correctement en face de l’obstacle pour le saut retour. Je vais faire ça au clicker, ça va être rapide.

Le refus d’appât est acquis avec moi : je peux balancer des morceaux de bœuf sur son nez qu’il n’y touche pas. Il faudrait que je généralise avec d’autres personnes maintenant. Mais je ne pense pas qu’il y aura de difficulté, car Oakley a compris l’exercice et sait très bien résister calmement aux tentations. Je me félicite de lui avoir appris depuis ses deux mois à devoir attendre l’ordre de manger devant sa gamelle !

En résumé, on bosse plein de trucs qu’on bossait déjà, mais avec un réel objectif maintenant, et c’est motivant. Oakley est demandeur et appliqué. En bon berger français, il demande à comprendre le pourquoi de chaque exercice et ne répétera pas 15 fois comme un belge. Le montage des exercices est un peu plus long mais je pense aussi plus fiable. Je remarque aussi que le fait de travailler plus « sérieusement » régulièrement avec moi fixe encore plus le chien sur moi (y-avait-il besoin ?) et le canalise. Ça ne fait que confirmer ce que j’entends souvent : ce type de chien a besoin de travailler avec son maître pour être équilibré.

Dans un prochain article, je parlerai de la partie mordante. Car c’est une autre histoire ...


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