La Fin des Temps, de Haruki Murakami


Couverture

J’ai acheté ce livre sur le stand d’un bouquiniste, sur un coup de tête. Je n’avais plus rien à lire, du temps à tuer, la quatrième de couverture déjantée m’a plu et la couverture m’a tapé dans l’oeil avec cette mystérieuse licorne.

J’ai beaucoup aimé le début du livre, je me suis trouvée transportée dans deux histoires parallèles. L’une se déroule dans un monde complètement fantastique, l’autre dans un monde réel mais bien barré. L’histoire est narrée au travers de deux personnages, différents mais attachants. J’ai rapidement senti qu’un lien, d’abord ténu, existait entre ces deux histoires, et c’est cette curiosité bien gérée qui entraîne le lecteur. L’alternance entre les deux univers à chaque chapitre est agréable et rythme bien la lecture, maintenant un intérêt constant.

J’ai adoré le ton poétique de l’auteur, sa capacité à mettre en oeuvre deux narrations à la première personne de style différent, en fonction du personnage et de son monde. L’une est assez naïve, piquante et drôle, la seconde est plus poétique, descriptive et rêveuse.

En revanche, arrivée aux trois quarts du livre, j’ai été très déçue par la révélation facile de l’intrigue principale. Tout d’un coup, on a une explication qui nous tombe dessus, un personnage décrit dans une interminable tirade le lien entre ces deux mondes. D’abord, j’ai trouvé le processus littéraire effroyablement grossier, je m’attendais à tellement plus de subtilité ! Ensuite, j’ai trouvé l’explication en elle-même alambiquée, peu plausible et peu intéressante. Il aurait fallu que je relise ce (long) passage au moins une fois pour bien le comprendre, mais honnêtement cela m’ennuyait. J’aurais presque préféré que l’auteur survole tout ce passage explicatif poussif, pour ne seulement que le suggérer, afin de préserver son style poétique. Ne pas encombrer l’esprit du lecteur par ces considérations explicatives qu’il a jugé nécessaires, certainement pour faire tenir son histoire debout.

À partir de là, la lecture a été beaucoup plus difficile à reprendre, j’ai fait une pause de plusieurs jours. J’avais été déçue, je me suis un peu sentie flouée, prise pour idiote ! J’ai eu du mal à me replonger dans l’histoire.

Finalement, la fin de cette lecture aura été plus facile que le « passage difficile » précédent le laissait présager. Une fois digéré cet aparté, j’ai de nouveau réussi à me laisser flotter, guidée par la poésie de l'auteur. Une belle réflexion sur notre attachement aux choses, à ce qui nous rend heureux. Une invitation à mieux ouvrir ses yeux sur le monde qui nous entoure, tout en sachant observer notre monde intérieur. La chute me laisse une agréable et douce sensation de nostalgie.

Après cette lecture, j’ai envie de découvrir d'autres œuvres de cet auteur. Mais pas tout de suite : je me laisse le temps de digérer cet ouvrage, et j'ai besoin de changer d'air littéraire pour mieux revenir apprécier la délicatesse toute japonaise de la plume de Mr Murakami.


Laisser un commentaire

Pas de commentaire pour le moment.