Écriture créative - Un vieux grain de sable se souvient de sa vie d'esclave


Ces derniers temps, j'essaye d'exercer ma créativité et de trouver du temps pour pratiquer les activités artistiques qui me font envie. Le dessin et l'aquarelle en font partie, mais l'écriture est certainement ce que je préfère depuis toute petite.

Mon gros problème, et c'est celui de beaucoup de femmes j'ai l'impression, c'est mon perfectionnisme maladif. Je ne me laisse pas le droit à l'erreur, je ne lâche jamais prise. Dans ces conditions, il m'est très difficile de me lancer pour écrire, peindre ou écrire. Je me force, tant pis si c'est moche ou moyen. L'important, c'est de pratiquer et d'apprécier le moment.

Voici un petit texte que je me suis amusée à écrire ce qui me venait tout de suite, sans aucun plan ou préparation. Je me suis simplement inspirée d'une proposition d'écriture piochée sur le blog de l'auteur Pascal Perrat. Je ne l'ai pas retravaillé par la suite, le but n'étant pas de chercher la forme parfaite (surtout pour la perfectionniste que je suis !) mais au contraire de coucher sur le papier le premier jet issu de mon imaginaire.


Sablier rose

419e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat - Entre2lettres

Proposition d'écriture :
"Un vieux grain de sable se souvient de sa vie d'esclave, quand il était enfermé dans un sablier."
Racontez cette vie

Les gens ne se rendent pas compte. Enfermer des grains de sable dans un tube en verre, c'est comme emprisonner des dauphins sauvages dans des aquariums. Après tout, on vient du même milieu : les étendues marines, les profondeurs, la nature sauvage quoi. Et nous voilà à répéter inlassablement notre numéro dans notre cage en verre. Je glisse d'une cavité à l'autre, le dauphin saute d'un cerceau au suivant. Tout ça pour le bon plaisir humain... Se rend-il compte, notre geôlier, de la pauvreté du mouvement qui nous offre ? Comparés à la richesse des courants marins, des flux du ressac, un sablier ou un bassin de parc aquatique sont deux cellules aseptisées.

Peut-on néanmoins espérer que notre calvaire prenne fin ? Les perspectives sont peu réjouissantes pour le collègue à nageoire. Hors de question de retrouver un jour la liberté. Il mourra probablement prématurément d'ennui dans son eau chlorée. Moi-même je n'avais plus aucun espoir de m'en sortir, jusqu'à ce qu'un jour une maladresse fasse ma chance. Le sablier a glissé, est tombé, s'est brisé. Me voici libre, enfin !

Cependant, coincé entre deux lames de plancher depuis un certain temps, avec pour seul compagnon de l'ombre un mouton de poussière et un grain de riz antique, j'en viens à me demander si le satané tube sans dessus ni dessous n'était pas préférable. Pour les potes, la lumière, et le mouvement. Après tout, en glissant lentement vers le bas, je pouvais presque m'imaginer rouler sur une plage, poussé par les vagues.


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