La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, de Joël Dicker

Voilà un roman sur lequel je me sens bien en peine de donner un avis, tant mes sentiments sont partagés après avoir refermé le livre. Je me suis laissé le temps de la digestion, et pourtant rien n'y fait, je ne pense pas pouvoir faire l'éloge de ce best-seller, récompensé par le prix Goncourt des lycéens 2015 et le grand prix du roman de l'Académie Française (rien que ça).

“Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé.”

Ce n'était donc pas un bon livre, Mr Dicker, que ce livre dans lequel vous vous êtes démené, car je suis ravie de l'avoir achevé.

Couverture

Un écrivain à succès, qui décide d'écrire un livre à succès sur un autre écrivain à succès (décidément !). Franchement, j'ai trouvé ça saugrenu et bien peu plausible. Quel dommage que l'auteur n'ait pas su exploiter mieux ses (bonnes) idées ! Un homme mûr tombe amoureux d'une adolescente en souffrance psychologique, qui brutalement disparaît et dont on retrouve le cadavre enterré bien des années plus tard. Il y a de quoi tourner autour de ça ! Je ne sais pas moi, parlez-nous de passion, de folie, questionnez-nous sur la légitimité d'une telle relation, sur sa toxicité pour la gamine, sur la morale, sur le regard des autres, sur le poids du secret ! Osez nous mettre mal à l'aise, nous qui avons de la compassion pour ce brave Harry, alors qu'il flirte avec la pédophilie. Et bien non, c’est plat et redondant, d’une mièvrerie pathétique. Trop d’invraisemblance et de niaiseries pour que l’on puisse croire sincèrement en cette relation tragique.

De plus, ce Harry m’a particulièrement agacée (parfois exaspérée), avec ses réflexions philosophiques au rabait et ses réponses mystérieuses. Au hasard :

«L'amour c'est très compliqué»

«L'amour ça peut faire très mal»

«L'important, ce n'est pas la chute […] l'important c'est de savoir se relever»

Sérieux ? … Forcément, derrière ça, les dialogues clés sont souvent creux.

Malgré tout, je n’avais qu’une envie, tourner les pages. C’est bien ça qui est dingue avec ce bouquin : quoiqu’il arrive, on tourne la page. Il faut reconnaître que la construction du récit est complexe, par ses flashbacks et témoignages divergents, et néanmoins facile à suivre. L’enquête policière est parfaitement maîtrisée, Dicker a bien mené sa barque. Il trimbale le lecteur là où il veut, l'emmène dans les remous, le perd dans des coins broussailleux, le pousse dans une cascade, l'inonde, le noie, le repêche un peu plus loin… La promenade est loin d'être envoûtante mais elle a le mérite d'être surprenante ! On ne peut lâcher ce roman moyen tant qu’on a pas répondu à la question : qui a tué Nola ?

Alors, bon ou mauvais ?
Soupir ...
Si on met d'un côté de la balance les dialogues médiocres, la mièvrerie de l'histoire d'amour, les gros clichés, le style commun, les personnages trop caricaturaux et peu crédibles, la psychologie de bas étage, la philosophie de comptoir, et de l'autre côté l'intrigue policière très bien menée, cette dernière ne pèse pas bien lourd, c'est indéniable.

Mot de la fin : faites-vous votre opinion, lisez-le !


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