Spin, de Robert Charles Wilson

Pourquoi j'ai eu envie de lire

Il me fallait quelque chose à me mettre sous la dent, pour remplir les multiples heures passées en train, en déplacement ou dans les chambres des foyers, et aussi pour me changer les idées et ne pas lire QUE des publications scientifiques en anglais !

En terme de science-fiction, ma culture littéraire est assez restreinte, je l'avoue. Je n'ai finalement lu qu'un ou deux Azimov en tant que collégienne (je songe d'ailleurs à m'y replonger). J'ai cherché un peu au hasard sur le web et suis tombée sur cet auteur, apparemment reconnu pour cette œuvre, récompensée en septembre 2006 par le prix Hugo, une haute distinction de la science-fiction. J'ai lu la quatrième de couverture ... je n'étais pas vraiment emballée. Premièrement, on présente 3 personnages, des enfants de 12 et 14 ans. Je songe immédiatement à un roman orienté jeunesse, ce qui ne m'enthousiasme pas du tout. La Terre entourée d'une barrière mystérieuse, derrière laquelle le temps s'écoule un million de fois plus vite. En terme de plausibilité, on a connu mieux. Enfin, on se demande si des extra-terrestres ne seraient pas derrière tout ça. Ben voyons !

Bref. Je n'aurais pas spontanément choisi le livre en librairie. Mais voilà la magie d'internet : j'ai lu les critiques d'internautes. Apparemment, il ne faut pas se fier aux apparence, il faut plonger, et on ne le regrette pas. Ok, je vous fais confiance !

Ce que j'en ai pensé

Couverture

Un roman rondement bien mené. Dès l'intitulé du premier chapitre, on est un peu paumé : "4 x 109 ap. J.-C.". Pourtant, le monde décrit ressemble beaucoup au notre. On comprend donc qu'il s'est passé des choses en relation avec la trame temporelle. L'auteur ne garde d'ailleurs pas le secret bien longtemps, puisque quelques chapitres plus loin il décrit le phénomène Spin. Néanmoins, ma curiosité a été piquée au vif. Wilson saura l'entretenir par une construction alternée entre "temps présent" sous le Spin (qui pourrait être aujourd'hui) et flash-backs narrant les conséquences de l'irruption de la membrane mystérieuse dans la vie des terriens.

Les personnages sont bien travaillés, alors qu'ils auraient facilement pu tomber dans la caricature (le savant fou, l'illuminée, la mère alcoolique ou le père castrateur). Les figures fortes ont leurs fêlures, les plus faibles se révèlent doués d'une volonté insoupçonnée. Tous cherchent une raison à leur existence, et si les moyens diffèrent pour y parvenir, le Spin sera pour tous le catalyseur de leur évolution personnelle. C'est un aspect que je ne m'attendais pas forcément à trouver dans un roman de ce genre : la science-fictive et le développement des personnages sont intimement liés. Il est question à la fois du destin des personnages et de celui de l'humanité en temps qu'espèce.

Le postulat de fin du monde imminente mis en place, on observe la société devenue un peu folle y faire face, la montée d'extrémismes religieux, on traite ici de la peur de l'inconnu, du vide d'une existence sans but, de la mort au bout. On assiste aussi au réveil du génie humain, qui tente avec l'énergie du désespoir de savoir et de s'en sortir. Les événements sont un peu dingues, mais finalement tellement bien amenés, qu'on s'y laisse prendre sans se débattre avec la plausibilité.

En résumé, j'ai beaucoup aimé ce roman, tant pour son style que pour sa profondeur, un roman aux airs de saga, qui m'a questionnée sur plusieurs sujets sérieux et qui m'a fait lever la tête vers le ciel étoilé une fois refermé.


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